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 Parc zoologique de Aïn Sebâa: L’horreur animalière

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Arkana
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MessageSujet: Parc zoologique de Aïn Sebâa: L’horreur animalière   Jeu 8 Sep - 14:26

http://www.kompass.ma/actualite/detail.php?ida=7031&url=http://www.kompass.ma/&menu=1&src=eco&niveau=1

7/09/2005
Parc zoologique de Aïn Sebâa: L’horreur animalière

• Des bêtes à plusieurs dans des cages exiguës et sales…

• …dont certaines infestées de rats

• Des animaux semblent à l’agonie

«Qu'est-ce qu’elle est maigre, la petite biche!» s’exclame un petit garçon en tirant sa mère par la main. Il s’approche davantage de la cage où se trouvent quelques gazelles et des cerfs, colle son nez contre le grillage et poursuit de sa petite voix fluette: «Dis maman, elle va pas mourir, n’est-ce pas?» La maman le rassure mais, se tournant vers deux autres personnes qui les accompagnent, un homme et une jeune fille, elle laisse éclater son indignation: «Mais c’est ahurissant. Toute cette négligence et cette saleté!
Nous sommes où? C’est inhumain!»

D’autres exclamations, du même genre, fusent de partout à mesure que les visiteurs du zoo de Aïn Sebâa avancent dans le parc. «Apparemment, on ignore ici ce que protection d’animaux veut dire!» s’indigne une adolescente accompagnée d’un petit groupe de jeunes visiteurs, sans doute des MRE, comme le laisse supposer leur conversation où se mêlent français et dialecte marocain.

Avant même d’y accéder, les alentours et l’apparence extérieure du zoo de Casablanca donnent un avant-goût sur ce qui attend le visiteur à
l’intérieur.

A l’entrée et tout autour du parc zoologique de Casablanca, une multitude de petits commerçants exposent des produits hétéroclites: bijoux en toc, jouets en plastique (pistolets, masques…), friandises diverses (bonbons, cacahuètes, pop corn…). A côté, des «nekkachates» offrent leurs services aux visiteurs, nombreux cette après-midi.

Plus loin, et dès ses premiers pas dans le parc, le regard du visiteur est frappé par l’état des lieux. Une impression d’abandon et de laisser-aller s’en dégage.

A droite, un vieux garage où croupit une «épave» de voiture oubliée là, sans doute, depuis une éternité.

Les murs sont délabrés et sales, l’allée bordée de vieux arbres mal entretenus est poussiéreuse. Le tout confère à ce qui était, il y a quelques années, une des grandes attractions de Casablanca, une triste allure. Et pourtant, à en juger par leur nombre ce mardi, le parc continue d’attirer de nombreux visiteurs dont beaucoup sont des MRE.

Bravant la chaleur torride de cette dernière journée du mois d’août, ils ont accompagné leurs enfants dans ce qu’ils espéraient être une «visite instructive» où l’utile sera conjugué à l’agréable. Mais à entendre leurs exclamations choquées mêlées à celles de leurs enfants, tous les deux pas, il va sans dire qu’ils ont vite fait de déchanter.

A l’intérieur de certaines cages, une herbe sauvage pousse abondamment. Des plumes et des ordures (emballages de biscuits, bouteilles d’eau minérale vides…) s’y amoncellent, formant des amas disgracieux et malodorants. De toute évidence, la dernière vague de nettoyage ne date pas d’hier.

Une odeur âcre et rebutante de fumier et des «effluves» d’eau marécageuse se dégagent des cages des sangliers et freinent les visiteurs, notamment les enfants, qui stoppent net leur élan de coller le nez aux grillages.

Dans des cages lugubres et mal entretenues, les animaux sont enfermés à plusieurs. Certaines espèces semblent avoir appris à cohabiter dans ces espaces étroits et confinés. Une pancarte indique «Cygne noir d’Australie» mais la cage abrite, outre des cygnes noirs, des canards blancs. L’eau des bassins est si sale qu’ils préfèrent ne plus s’y jeter. Les occupants de la cage à côté semblent mieux lotis avec un bassin tout aussi marécageux mais alimenté, peut-être intentionnellement, au goutte-à-goutte par un robinet mal fermé.

Le magnifique plumage rose des flamants migrateurs détonne au milieu de tant de saleté.

Un paon, avec sa queue multicolore, se pavane fièrement au milieu d’un petit groupe de pigeons «communs», comme les désigne une vieille pancarte rouillée. Personne n’a jamais, selon toute vraisemblance, pensé à la changer depuis qu’elle a été placée la première fois.

Un autre paon semble avoir meilleure compagnie avec une cohorte de poules et de «coqs de Chine» aux fières crêtes rouges.

De jolies «chèvres naines d’Afrique», au magnifique pelage beige et marron, donnent l’impression d’accepter avec bienveillance la présence dans leur enclos de grands «lamas d’Amérique». Ce qui n’est pas le cas de ce singe boiteux qui apparemment n’apprécie pas trop la compagnie d’un petit rat.
Celui-ci, nullement impressionné par le regard hargneux du vieux singe, déguste tranquillement des morceaux de carottes (initialement servis au singe!). C’est d’ailleurs le contraire qui semble se produire puisqu’au moindre mouvement brusque du petit rat, c’est le vieux singe qui recule avec toute l’énergie que lui permettent son âge et une patte qu’il traîne
lamentablement.

Certains singes, séquestrés dans de vieilles cages dotées de barreaux doublés d’un grillage, semblent très à l’étroit. Ils ont l’air de purger une quelconque peine avec leur regard triste et craintif. Habitués sans doute à être agressés par les jeunes visiteurs, en l’absence de toute surveillance, les singes reculent le plus possible au fond de leur «prison».

Une prison dans laquelle ils vivent dans un état de quasi-obscurité et où ils ne peuvent se mouvoir et encore moins sautiller comme ils le souhaiteraient. Les cages ne dépassant guère les deux mètres de largeur.
C’est d’ailleurs le lot de la majorité des animaux, rendus immobiles par l’étroitesse de l’espace.

Attrapant au vol, avec des gestes précis et furtifs, les cacahouètes que lui jettent des enfants, le singe boiteux distrait quelque peu de jeunes visiteurs. Il arrive à détourner leur attention l’espace de quelques instants du spectacle misérable des bêtes malades et des cages sales et nauséabondes. Mais cet «entracte» est de courte durée. Et bientôt, les exclamations et critiques reprennent de plus belle.

Deux crocodiles, qui devraient normalement constituer une des grandes attractions du parc, passent presque inaperçus. L’un, avec sa couleur terreuse et sa grande immobilité, se fond dans le décor. Le second, immergé dans l’eau verdâtre du bassin fangeux et sale, semble en décomposition.
«Depuis quand cette eau n’a-t-elle pas été changée?» se demandent des jeunes qui se détournent rapidement du spectacle tristounet de ces deux crocodiles qui donnent l’impression d’être mourants.

Tout au fond de l’allée du parc, à droite, une vieille armoire en métal rouillé et aux tiroirs cadenassés est abandonnée. On se demande ce que fait cette curiosité là? Accentuer la sinistrose de l’endroit? Tout porte à le
croire.

Mais le meilleur attend le visiteur, un peu plus loin, vers le bout du parc, que l’on a d’ailleurs vite fait de visiter (il ne fait pas plus de deux hectares). A la cage du roi de la jungle et avant, à celle des ours, un mâle et une femelle, les bêtes sont silencieuses et somnolentes. Elles semblent même être incapables d’aller chercher leur nourriture (des morceaux de viande sont là devant elles). Elles sont là, le flanc contre le sol à scruter d’un œil triste ces visiteurs bruyants qui dérangent la quiétude de leur sieste. Elles n’ont rien à voir avec les «fauves» menaçants et sauvages auxquels s’attendaient les visiteurs. Déçus, ces derniers ne s’attardent pas davantage et se dirigent vers la sortie.



Un bénévole au service des animaux

UN jeune pousse une brouette chargée d’herbages. Il s’arrête devant les cages des bêtes herbivores et sert une ration à chacun des occupants. Des enfants lui en volent et courent le donner aux petits poneys. Tout porte à croire qu’il fait partie du personnel du zoo. Or, il n’en est rien. Comment expliquer la présence de ce jeune et le soin qu’il prend des animaux. Qui l’en a chargé?

Habitant au zoo, avec sa famille, il dit que l’amour pour les animaux lui coule dans les veines. Il les appelle par leur nom, les nourrit et les cajole. Mais il s’en approche parfois «dangereusement». Les herbages qu’il vient de distribuer aux animaux viennent d’un jardin dans l’enceinte du zoo.
Il est situé juste derrière le domicile que l’adolescent occupe avec ses parents, face à la cage de «Nicolas» et «Coucous», les deux ours. Le jardin est entretenu par son père. Une fois, sa tâche -qu’il accomplit bénévolement- terminée, l’adolescent se dirige vers son «petit parc»: Une sorte de pépinière où sont exposés à la vente différents plants. Le jeune élève aussi quelques animaux, des hamsters, des oiseaux… qu’il vend souvent aux visiteurs. «Généralement des MRE», dit-il. Mais sa grande fierté reste un «petit serpent» qu’il vient de ramasser dans le parc. Même dans sa cage, et en dépit de sa petite taille, le reptile semble menaçant dès que l’on fait mine de s’en approcher. Ce qui amuse énormément le petit «zoologiste» en herbe.



Le spectre d’extinction!

LE visiteur du parc zoologique d’Aïn Sebâa est consterné. Il semble complètement à l’abandon. Des animaux mal entretenus y sont à l’agonie. Les cages étroites et sales sont infestées de rats. Une situation qui aurait dû alerter les pouvoirs publics depuis belle lurette puisque la dégradation ne date pas d’hier.

Sans parler des espèces disparues du parc, faute d’entretien ou juste par manque de «vigilance». On se rappelle toujours de cette hyène, la dernière du zoo de Aïn Sebâa, qui a été sauvagement et mystérieusement décapitée pour subtiliser sa cervelle, très recherchée pour des besoins de sorcellerie.
Certains disent qu’une telle situation contribue à «l’extinction» d’espèces que dans d’autres pays on fait tout pour préserver.

L’emplacement même du zoo, au milieu d’habitations (ce qui menace la sécurité des riverains) et à proximité d’une gare ferroviaire (nuisance sonore pour les animaux), est à revoir. D’ailleurs, avec sa petite superficie -elle ne dépasse pas les deux hectares- le parc d’Aïn Sebâa ne mérite pas d’être le zoo principal d’une métropole comme Casablanca. Une remarque qui revient souvent dans la bouche des visiteurs.

Fondé en 1928, le zoo de Aïn Sebâa constituait au départ un terrain de maraîchage privé. Son propriétaire, un colon, y avait introduit quelques animaux. En 1973, le parc devient propriété de la ville de Casablanca. Et depuis, on parlait de zoo de Aïn Sebâa. Des projets de nouveaux parcs zoologiques (Sidi Moumen, Bouskoura) plus spacieux et mieux adaptés, étaient lancés. Il était question d’y déplacer les actuels locataires du zoo de Aïn Sebâa. Pour l’heure, rien à l’horizon. Les projets dorment toujours dans les tiroirs.

L'Economiste
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