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 Le rhinocéros noir : chronique d'une mort camouflée

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Arkana
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MessageSujet: Le rhinocéros noir : chronique d'une mort camouflée   Lun 9 Oct - 23:35

http://www.cyberpresse.ca/article/20061004/CPSCIENCES/610010755/5547/FRONTPAGE


Le rhinocéros noir : chronique d'une mort camouflée


François Lubrina
La Presse
Collaboration spéciale



On savait le rhinocéros noir de l'Ouest africain (*Diceros bicornis longipes*) plus que jamais menacé d'extinction. En Centrafrique, cette sous-espèce a totalement été exterminée par les braconniers.

Des milliers de sujets qui broutaient paisiblement les feuilles des buissons
de la savane africaine, il y a un siècle, 600 individus subsistaient encore
au début des années 80. Depuis quelques années, pourtant, leur déclin
devenait alarmant, leur nombre ayant chuté à une trentaine au Cameroun. Une
situation grave, mais pas totalement désespérée néanmoins, les pisteurs,
chargés par différentes organisations internationales de protection animale
de vérifier l'état du cheptel dans ce pays, envoyant régulièrement des
rapports encourageants sur la foi des traces observées. Après tout, et dans
le pire des cas, il suffit, pour qu'une espèce menacée ait quelques chances
de survie (et selon les critères de l'African Rhino Specialist Group), qu'au
moins cinq individus subsistent dans la nature, dont trois femelles.
Recevant régulièrement dans leur bureaux informatisés des données quant au
dénombrement des traces, les spécialistes, inquiets certes, estimaient que
l'on en était tout de même pas arrivé à ce stade de minimalisme existentiel
pour ce mastodonte mesurant 3,70 m de long et pesant jusqu'à 1,5 tonne.

La principale cause de la disparition de cet herbivore de grande taille
reste, bien sûr, le braconnage pour récupérer ses précieuses cornes (
mesurant 80 cm ) fort prisées dans la pharmacopée chinoise. Plus grave
encore, la corne de rhinocéros sert aussi à fabriquer le manche des
poignards traditionnels, en Arabie Saoudite. Un négoce facilité par les
relations traditionnellement établies entre la péninsule arabique et cette
partie musulmane de l'Afrique centrale que représente le Nord du Cameroun.





En se basant sur les observations des pisteurs camerounais, une trentaine de
rhinocéros noirs survivaient donc encore, tant bien que mal, dans ce coin
d'Afrique. Un petit détail, cependant, chicotait les experts : le dernier
rhinocéros noir observé au Cameroun, et de manière vraiment fiable, l'avait
été il y a dix ans déjà. Pour s'assurer de l'importance réelle du cheptel
subsistant, une expédition soutenue par l'Union Internationale pour la
Conservation de la Faune, et dirigée par deux vétérinaires (Isabelle et
François Lagrot) est donc allée au Cameroun, histoire de tirer l'affaire au
clair.

Six mois de travail, 48 patrouilles, 2500 kilomètres à pied plus tard et
aidés par un pisteur venu du Zimbabwe, nos deux limiers réalisèrent
rapidement que les traces dûment déclarées étaient fausses en réalité!

Tout le monde n'étant pas braconnier, il faut bien gagner sa vie comme on
peut! Des faussaires, on en compte, après tout, dans bien des domaines. Et
parfois même chez les pisteurs chargés de surveiller les rhinocéros noirs.
Pour justifier et conserver leur travail, donc, dans un des pays les plus
pauvres du globe, et maintenir artificiellement en vie cette sous-espèce
probablement éteinte, ces "Bougons" de la faune sauvage fabriquaient tout
simplement de fausses traces.

Si bien qu'après 20 ans d'alerte, et en tenant compte des fausses
déclarations des pisteurs, le dernier congrès des spécialistes du rhinocéros
(qui s'est tenu en juin dernier au Swaziland) a déclaré cette sous-espèce
probablement éteinte. Pour confirmer officiellement la disparition totale
d'une espèce animale, et pouvoir la classer dans la catégorie officiellement
éteinte, il faut cependant attendre 30 à 50 années sans qu'un seul spécimen
n'ait été observé vivant dans la nature.
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