Tout savoir sur l'actualité dans la protection des animaux, agir par des pétitions, des lettres, des manifestations, et se faire de nouveaux amis!
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Mécanisation et végétarisme

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Arkana
Administrateur


Féminin
Nombre de messages : 3124
Age : 35
Localisation : Hainaut - Belgique
Date d'inscription : 16/08/2005

MessageSujet: Mécanisation et végétarisme   Lun 31 Déc - 12:38

Mécanisation et végétarisme

http://groundinfo.blogspot.com/2007/08/mcanisation-et-vgtarisme.html

Demian West : "Mécanisation et végétarisme"

A la suite de la très informative interview de Zara Whites (
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=27437 ) par Franck Michel le
31 juillet sur Agoravox, je me permets de tenter quelque approche qui ferait
épaule à son discours en faveur du végétarisme progressif. En effet, nul ne
saurait encore ignorer les contraintes que la production mondiale de viande
impose à notre environnement, qui en devient paradoxalement comme exsangue
de tout ce sang qu’il faut nourrir avec des céréales, qui seraient bien plus
utiles ailleurs et pour d’autres estomacs plus humains.

Avant et pendant le XIXe siècle, la population mondiale mangeait rarement de
la viande. Ainsi, les paysans en France s’autorisaient-ils un plat de
viande, un seul jour par semaine. Et on reconnaîtra aisément qu’il faut
assurément de la force physique, pour bien guider un labour et l’ensemble
des travaux de la ferme. Aux Etats-Unis, le plus grand abattoir de bêtes
était installé à Chicago, au centre stratégique du pays habité. Et tous les
troupeaux venaient depuis tous les Etats américains, pour y être transformés
en alimentation carnée. Il va de soi, que cette immense ville, en sorte de
méga-boucherie, finit par négliger l’hygiène et les conditions de cette
transformation violente. Car la chose s’étendait et se précipitait dans le
désordre, par la force de la centralisation et de la spécialisation
géographique de Chicago.

Toutefois, ainsi que le démontre l’historien S. Giedion dans La Mécanisation
au pouvoir, c’est un autre élément qui fit basculer toute la société dans
cette industrie qui partit en roue libre. La mécanisation des processus de
fabrication de la viande fut mise en oeuvre par la construction du chemin de
fer. Désormais, on tranporta les troupeaux par le biais du rail rectiligne,
ce qui précipita encore le mouvement. Et donc, il y eut surabondance de
matière première à traiter. Et tout s’emballa. Certains politiques, plus
empressés encore, et très en lien avec l’indutrie du métal, imposèrent la
mécanisation de toute la chaîne de transformation de la viande. Ainsi, à
Chicago, et selon les principes de Winslow Taylor en 1880, on inventa le
travail moderne qui consiste en l’automatisation des tâches, par le biais
des machines et par la fragmentation des tâches. Et tout pour précipiter le
cycle de l’offre et de la demande selon le principe du marché capitaliste.

A l’autre bord de la chaîne en demande, l’exode rural mena les paysans à
venir en ville près des usines où l’on transformait le fer puis l’acier. Et
donc, dans des conditions de vie qui allaient se transformer. Les ouvriers
vivaient dans des habitations misérables et peu favorables à la constitution
d’une bonne santé. Aussi, ils travaillaient le fer et dans des métiers de
force. Comme ces ouvriers qui devaient riveter à chaud tous les rivets de la
tour Eiffel, et d’autres travaillers les hauts fourneaux. Ainsi, on sut
convaincre ces travailleurs qu’il leur fallait une alimentation carnée plus
souvent, ou chaque jour. Et par là-même, on les maintenait dans des
conditions de dépendance pécuniaire. Puisque le paysan, malgré ses faibles
revenus, restait assez indépendant par son autarcie alimentaire dans sa
ferme.

C’est de cette façon, que la culture de l’alimentation carnée a remplacé une
alimentation plus équilibrée et moins exigeante en dépendances. Et les
conséquences de ces choix de structures sociales viennent à apparaître
aujourd’hui, après à peine un siècle de dévoration sans limite. Le
taylorisme et la mécanisation du travail ont induit l’homme machine
résolument et malicieusement dénoncé par Charlie Chaplin dans Les Temps
modernes en 1935. Selon la mécanisation tayloriste et son mode militaire,
l’homme fut transformé en élément ou rouage de la mégamachine sociale (Lewis
Mumford). Par ailleurs, on exigea qu’il devienne assez transparent comme une
pièce de la fabrica de l’homme contemporain. Soit un organe de l’"homme de
verre" ou "en écorché" que le pavillon de l’Allemagne présenta lors de
l’Exposition universelle de 1937. Cette représentation de l’homme
transparent signifiait explicitement que chaque individu devait être posté
entièrement dévoilé devant le régime, afin que le maître des hommes-machines
puisse tout voir en lui. C’est donc l’ordre qui fut diffusé par les régimes
contraignants européens des années 30. Et le nazisme voulut inscrire
l’individu et la masse dans sa mécanisation de la société, mais tout vers la
guerre et vers le sacrifice de chacun pour le bien commun de l’industrie de
la mort.

Cependant, depuis la Première Guerre mondiale, Dada donnait à voir des
écorchés dans ses oeuvres et collages photographiques, mais pour dénoncer ce
dévoilement de l’homme en tant que chair écorchée, chair à canon à des fins
de servilité et d’obéissance aux dominations autoritaires.

Toutefois, Dada ne put arrêter, à temps, le mouvement de la mécanisation. Et
donc, il restait aux régimes contraignants à désigner un bouc émissaire dans
la population, pour en rationaliser automatiquement l’extermination, par le
moyen des dispositifs précédemment mis en oeuvre à Chicago. On le sait
amplement, la dictature usa du rassemblement et du transport par le biais
des voies ferrés. Aussi, elle versa dans l’optimisation du temps de
l’abattage et des transformations des corps en vue de leur utilisation à des
fins de consommation. La graisse des corps ne fut-elle point transformée en
savon ? Et tout selon cette chaîne de la mécanisation insensible, et pour le
seul avantage de la cruauté et du déni d’empathie, soit le "Todestrieb" ou
pulsion de mort déterminée par Freud. Il reste à dire que toute la
population conditionnée considérait et diffusait que cette mécanisation
avait une fonction non seulement utile mais quasiment nécessaire, et sans
jamais le moindre égard pour les souffrances manifestes.

Bien sûr, notre essai de démonstration ne veut pas dire que l’individu
éreinté, qui consomme son bout-de-gras à la pause urgente, serait un
tortionnaire en puissance. La mécanisation est plus subtile, puisqu’elle a
su se diffuser dans tous les rouages de la fabrique de l’homme contemporain.
Comme si la cruauté était une valeur résiduelle qui devait assurer
l’insensible obéissance de l’individu aux ordres cyniques vastement diffusés
par les médias publics, autant qu’intimistes. Puisqu’ils diffusent leur
agit-prop, jusque dans les cantines et les rayons de supermarchés, par
lesquels chacun doit forcément passer par la nécessité de son ventre qui
crie comme une horloge très remontée contre les heures fixes. Et il est
particulièrement signifiant que la non-consommation de viande soit si
vastement stigmatisée, comme une manifestation subversive contre tout
l’édifice social. Quand le végétarisme est simplement le respect de la vie
sous toutes ses formes, et mis en pratique. Ce qui est tout sauf sectaire et
manifestement peu propice aux violences.

Pour autant, la mentalité contemporaine et les Instances qui la façonnent
ont fait du végétarisme un indice étrange et paradoxal d’appartenance à des
crypto sectes ou à des entreprises de désinformations qui avanceraient à
couvert sur le mode néo-écologiste. Il reste que la société indienne, qui
est une des cultures les plus anciennes du monde et dans une lignée si peu
transformée depuis des millénaires, intégre naturellement cette pratique et
cette donnée comme un joyau de sa culture très attachée par ailleurs au
modernisme. Et chacun se souviendra heureusement de la non-violence de
Gandhi, qui reste universellement reconnue comme une avancée majeure et
définitive du XXe siècle, certainement pour les pays non alignés et le
tiers-monde.

A notre époque, les progrès des techno-sciences annoncent déjà d’autres
formes d’alimentation qui mèneront à l’économie de la consommation de viande
jusqu’à sa probable diminution remarquable. De même que la diffusion de
l’arme atomique et de la dissuasion sut limiter les conflits entre les
nations. Aussi, le combat de certaines élites artistiques, dont le groupe
PETA et la troublante et subtile Zara Whites, se mettent en avant-garde de
cette société du futur, qui sera plus frugale et économe en énergie et en
consommation de souffrance, quelle qu’elle soit. En homme exemplaire du
futur, Léonard de Vinci était végétarien car il considérait que nos estomacs
ne seraient pas tant des sépulcres. Et c’est un savoir reconnu
universellement, que Léonard avait la santé et l’intellect assez entretenus
pour qu’il sut entrevoir notre siècle, bien avant qu’il advint. Autant qu’on
ne pourrait nous opposer qu’il fut aussi sensible qu’une fillette éprise de
son lapin. Puisque Vinci dessina les premiers écorchés contre les interdits
et intérêts idéologiques de l’Eglise. Et souvent, il confondit, dans un même
dessin, les corps et organes des animaux et singulièrement du porc avec ceux
de l’homme.

Enfin, Montaigne dans ses Essais dit explicitement que les animaux, certes
ne parlent pas, mais qu’il n’en auraient peut-être pas l’usage ni le besoin
pour la seule raison qu’ils communiqueraient autrement et entre eux. Et,
dans ce cas, c’est la société des hommes qui pourrait être considérée assez
incapable de communiquer avec eux. D’autant que nous craignons obscurément
de le faire. Car si nous en débattions un peu avec eux, nous devrions
immédiatement reconnaître qu’ils nous semblent assez parents. Et
qu’aussitôt, ce serait mesurer l’ampleur de nos excès, que nous avons commis
contre eux, aussi loin que le monde s’en est déjeuné.

Demian West ( DEA "Théorie, pratique et histoire des arts": Théoricien des
arts & du net. Critique d'art. Essayiste. Ecrivain auteur du prime
Psychogiciel:"115 After Ground Zero". Artiste peintre illustrateur. Artiste
conceptuel. Fabuliste et poète. Attaché de blog. Rédacteur AgoraVox. )

Le blog de Demian West http://groundinfo.blogspot.com/
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://groups.msn.com/protegeonslesanimaux
 
Mécanisation et végétarisme
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Végétarisme et harmonisme
» Végétarisme, végétalisme, veganisme
» végétarisme.info et vegetarisme.fr
» Le végétarisme : le point de vue des diététiciens
» [alimentation]végétarisme

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Protégeons les animaux :: Le végétar/lisme-
Sauter vers: