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 Ce que j’ai vu dans un laboratoire de vivisection

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Arkana
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MessageSujet: Ce que j’ai vu dans un laboratoire de vivisection   Mer 23 Jan - 14:32

http://www.international-campaigns.org/ic/actualites/colleen.htm

Ce que j’ai vu dans un laboratoire de vivisection

Traduction International Campaigns d'un entretien avec la comportementaliste
animalière Colleen McDuling à propos de la vivisection publié sur le site
Abolitionist online
http://www.abolitionist-online.com/interview-issue05_what.i.have.seen-colleen.mcculling.shtml

Par Claudette Vaughan

Lorsque le Dr Andre Menache et la scientifique comportementaliste Colleen
McDuling se sont exprimés à Sydney début 2007, ils ont reçu un excellent
accueil pour leur engagement contre la vivisection. Ils sont tous deux des
orateurs accomplis.

Colleen McDuling possède une maîtrise en biochimie moléculaire et cellulaire
et a également étudié l’éthologie et la biologie en se spécialisant dans les
petits mammifères et plus particulièrement les rongeurs. Colleen McDuling et
le Dr Andre Menache ont participé à une tournée en Australie début 2007.
Voici l’interview de Colleen avec l’Abolitionist.

Abolitionist : Vous êtes scientifique du comportement animal. Tout d’abord,
qu’est-ce que cela signifie ? Ensuite, qu’avez-vous pu observer comme actes
commis sur de petits animaux tels que des souris, des cochons d’inde et
autres dans les laboratoires qui vous ont incitée à prendre position contre
l’expérimentation animale ?

Colleen McDuling : Soyons clairs. On peut étudier le comportement animal de
deux façons. Le psychologue animalier met l’animal dans une boîte, le soumet
à différents stress et variables puis observe les réactions de l’animal.
L’éthologiste animalier, lui, entre dans la boîte lui-même, pour ainsi dire,
et observe ce que font les animaux dans leur environnement. Ces animaux,
même en tant que sujets d’observation, sont dans un état de liberté sans
contrainte qui reproduit, autant que faire se peut, leur environnement
naturel. Ceci leur permet d’être eux-mêmes et d’évoluer de façon naturelle.
Ils sont alertes, se comportent comme ils le feraient dans leur milieu
naturel et cette liberté leur permet de développer leurs fonctions mentales.
L’éthologie a été reconnue pour la première fois comme une science lorsque
les trois pères de l’éthologie moderne que sont Tinbergen, Lorenz et von
Frisch furent récompensés ensemble du prix Nobel en 1973.L’éthologie se
définit comme l’étude scientifique du comportement animal en milieu naturel.
C’est le type de science du comportement animal auquel j’ai participé. Tous
mes sujets d’observation étaient dans un état de liberté sans contrainte et
dans un environnement aussi naturel que possible. J’ai travaillé avec (et
non pas « sur » !) les rongeurs que l’on retrouve traditionnellement dans
les laboratoires : souris, rats, cochons d’inde, hamsters, gerbilles et
aussi lapins. J’ai également étudié de façon approfondie la biologie de ces
animaux ainsi que le comportement des rongeurs et des lapins que l’on trouve
généralement dans la nature.

En ce qui concerne ce que j’ai vu dans les laboratoires, je pourrais écrire
des volumes entiers. J’ai vu des choses qui vous feraient dresser les
cheveux sur la tête et qui vous donneraient des insomnies et des cauchemars
pour le restant de votre vie. J’ai vu des lapins attachés, leur tête dans
des casiers étroits et auxquels on injectait des solutions via les veines de
leurs oreilles. J’ai vu des souris avec des tubes enfoncés à travers la
gorge afin d’injecter directement des médicaments dans leur estomac. J’ai vu
des souris attachées, légèrement anesthésiées, avec l’embout cassé d’un
petit tube de verre enfoncé dans l’orbite d’un oeil, le sang coulant de
leurs vaisseaux situés derrière leurs yeux. J’ai vu des souris, des cochons
d’Inde et des lapins auxquels du plasma humain était directement injecté
dans la cavité péritonéale (près de l’abdomen). Et je les ai vus se débattre
et j’ai entendu leurs cris, des cris qui me hantent toujours. J’ai vu des
grenouilles décérébrées auxquelles on enfonçait une aiguille derrière la
tête pour détruire le cerveau. J’ai vu des rats et des souris que l’on tuait
en leur brisant les vertèbres cervicales. J’ai vu des lapins conscients dont
le sang s’écoulait par des aiguilles plantées dans le cœur. J’ai vu des
babouins maintenus dans du formol alors qu’ils n’étaient que sous une légère
anesthésie. Ils se tordaient de douleur. J’ai vu des techniciens animaliers
rire en tuant des animaux. J’ai vu des animaux maltraités par des étudiants
inexpérimentés. J’ai vu des cochons tomber du chariot qui les transportait
du bloc opératoire à leur enclos. Ces cochons étaient conscients, leurs
points de suture lâchaient et ils hurlaient. J’ai vu les conditions de
privation dans lesquelles les animaux sont maintenus et le manque total de
sensibilité avec lequel ils sont traités. Ils sont uniquement considérés
comme du matériel de laboratoire, pas comme des êtres sensibles capables de
ressentir douleur et souffrance.

Tout ceci m’a convaincu que je devais faire quelque chose pour témoigner
contre les crimes violents commis dans nos laboratoires. J’ai toujours été
passionnée par les animaux et je les ai toujours considérés comme mes
meilleurs amis. Aussi, les voir traités ainsi m’a véritablement blessée et
enragée. Le pire, c’est de voir des petits animaux tels que des rongeurs –
souris, rats, cochons d’Inde et hamsters - torturés au nom de la science.
Ces animaux sans défense sont à la merci totale des vivisecteurs. Ils sont
par nature gentils et sans vice. Cela m’a fait réfléchir sur la nature
humaine et m’a donné la volonté d’essayer de corriger la situation et de
faire cesser cette violence et ces souffrances si courantes.

Abolitionist : Je ne pense pas que beaucoup de gens savent que la majeure
partie des animaux utilisés pour l’expérimentation animale le sont pour
trouver « le modèle parfait ». Pouvez-vous nous parler de cela, Colleen, et
nous dire pourquoi le « modèle animal parfait » n’existe pas pour l’espèce
humaine ?

Colleen McDuling : Il n’existe tout simplement pas de modèle animal parfait.
Les animaux ne peuvent même pas être considérés comme des modèles. Un modèle
est quelque chose qui est censé représenter autre chose. Les animaux ne sont
absolument pas représentatifs de l’espèce humaine. Ils sont biologiquement
très différents, déjà les uns par rapport aux autres, et de plus, ces
différences sont encore plus considérables entre eux et les humains. Les
animaux et les humains sont différents. Les animaux ne permettent pas de
prévoir ce qui passera pour les humains. Ils ne peuvent en aucune façon être
considérés comme des indicateurs fiables de ce qui arrivera aux humains. Ce
que l’on découvre chez les animaux doit être redécouvert chez les humains.
Je ne suis pas qu’une scientifique en comportement animal, je suis également
une biochimiste moléculaire. J’étudie les fonctions de l’ADN au sein de nos
cellules. L’ADN fait de nous ce que nous sommes. Notre ADN n’est pas le même
que celui d’une souris ou d’un chat. Nous sommes tous différents. Nous
partageons 99 % de notre ADN avec les chimpanzés, qui sont nos plus proches
parents. Pourtant, ces derniers ne peuvent attraper notre malaria, notre
VIH-SIDA ou notre hépatite B. Et certaines personnes pensent que les animaux
sont le modèle idéal pour étudier les maladies humaines. Toutes les
recherches devraient être faites espèce par espèce. On ne peut extrapoler
sans danger les données obtenues d’une espèce sur une autre espèce. La
vivisection est une fraude scientifique.
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Arkana
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MessageSujet: Re: Ce que j’ai vu dans un laboratoire de vivisection   Mer 23 Jan - 14:33

Abolitionist : Il est évident pour nous que l’utilisation faite des animaux
par l’expérimentation animale, qui cause des douleurs indicibles aux animaux
qui seront ensuite tués, démontre que notre espèce n’accorde pas la même
valeur à une vie non humaine qu’à une vie humaine. Quel message
souhaiteriez-vous faire passer aux vivisecteurs qui sont en train de lire
cet entretien ?

Colleen McDuling : Que toute vie est sacrée et qu’elle doit être respectée.
Ce n’est pas parce que nous sommes des humains que nous devons croire que
nous avons carte blanche pour infliger de la souffrance aux autres espèces
qui partagent la planète avec nous. Nous possédons la technologie qui nous
permet de développer des alternatives à l’expérimentation animale. Nous en
avons déjà développé certaines, telles que l’utilisation des leucocytes
humains pour détecter des substances causant fièvres et autres réactions.
Ces alternatives sont moins dangereuses, plus fiables, plus reproductibles
et en fait spécifiques à l’espèce humaine. En utilisant ces alternatives et
en en développant d’autres, nous créons un système de test moins dangereux
qui rendra la médecine et la science plus fiables pour l’humain. Au 21ème
siècle, nous devrions nous efforcer en premier lieu de rendre ce monde
meilleur pour tous en développant une science avec conscience et empreinte
de compassion.

Abolitionist : Les chercheurs sur animaux mettent désormais au point de
nouveaux sujets de test, soit en introduisant du matériel génétique étranger
dans l’organisme d’animaux « normaux », soit en interférant avec leur
constitution génétique. Colleen, que pensez-vous des travaux génétiques qui
utilisent un modèle animal ?

Colleen McDuling : Pour moi, ça n’a pas de sens d’interférer avec la nature.
Non seulement nous créons des animaux génétiquement modifiés, mais nous nous
mentons à nous-mêmes. Il est impossible sur cette planète que des animaux
génétiquement modifiés puissent nous informer d’une quelconque manière sur
notre condition d’humain. La façon dont ce matériel génétique étranger va
s’exprimer s’appelle la biochimie moléculaire. On implante des gènes humains
dans une souris. Ces gènes utilisent le système cellulaire de la souris pour
fabriquer un produit fini, généralement une protéine. C’est ce qui arrive à
cette protéine à l’intérieur de la cellule de la souris qui est important.
Il ne s’agit plus d’un produit génétique humain car il est modifié à
l’intérieur de la cellule de la souris puis transformé en une protéine
quasi-humaine et quasi-souris. Cette protéine non naturelle ne fonctionne ni
comme une protéine de souris, ni comme une protéine humaine. Elle se situe
quelque part entre les deux. Une maladie humaine ne peut donc pas être
reproduite dans une souris. On ne peut même pas envisager de simuler la
nature exacte d’une maladie humaine en implantant des gènes étrangers dans
une autre espèce. Cela ne fonctionnera jamais.

Abolitionist : Qu’avez-vous pensé de l’Australie et des militants
australiens lorsque vous vous y êtes rendue ?

Colleen McDuling : Je suis tombée amoureuse de l’Australie, de sa nature, de
ses peuples, de sa culture et de son environnement en général. J’ai été
impressionnée par le nombre de végétariens et de vegans en Australie et
aussi par le nombre de restaurants disponibles pour ces personnes. J’ai
trouvé que les groupes pour les droits des animaux y sont très pro-actifs,
même si j’estime que davantage de choses pourraient encore être faites. Je
ressens cela pour tous les pays. J’ai été plus particulièrement
impressionnée par les groupes AAHR et VOICELESS, même si j’aurais bien aimé
passer plus de temps avec eux et mieux connaître leurs activités. En fait,
j’aimerais passer quelques années en Australie pour y apporter ma
contribution au mouvement pour les droits des animaux. Je sens que le
terrain en Australie est très propice et que davantage de graines doivent y
être plantées et plus de voix s’élever. J’aimerais également en savoir plus
sur les animaux qui y vivent, surtout les rongeurs. J’estime également que
les médias pourraient davantage donner la parole aux groupes pour les droits
des animaux, que ce soit dans la presse, à la radio ou à la télévision. Il
devrait y avoir plus de campagnes de sensibilisation du public destinées à
informer le public sur ce qui se passe dans les laboratoires et de leur
demander de s’engager plus et de soutenir davantage. Ce fut pour moi une
merveilleuse expérience que d’être ici et d’avoir contribué humblement au
travail qui est fait dans ce pays. Je remercie Helen Rosser et AAHR pour
m’avoir donné cette opportunité.

Abolitionist : Un article de l’association scientifique pour une recherche
humaine Dr Hadwen Trust for Humane Research sur la maladie de Parkinson
rappelle que cette maladie utilise beaucoup de singes comme modèles. Une
substance chimique toxique appelée MPTP leur est injectée afin d’essayer de
reproduire la maladie. Ces animaux souffrent de dommages au cerveau et
succombent à certains symptômes. Il s’agit certainement d’une bonne voie à
suivre pour sensibiliser le grand public en raison de la nature macabre de
l’expérimentation animale. En effet, provoquer délibérément chez un animal
non humain un traumatisme crânien qui risque également de le tuer sur le
coup doit être considéré comme un crime. Mais au lieu de cela, ces
recherches sont financées par le gouvernement et l’industrie.

Colleen McDuling : Je pense que tout cela est absolument insensé car on ne
peut jamais vraiment apprendre quoi que ce soit d’un animal dans la mesure
où ce que l’on découvre sur un animal doit être redécouvert sur l’humain. De
plus, en tant que comportementaliste animalière, je suis spécialiste des
rongeurs et parmi les rongeurs eux-mêmes il existe de grandes différences.
Je parle des rats, des souris, des cochons d’inde, des hamsters et des
gerbilles, les 5 principaux animaux utilisés en recherche médicale. Dans ce
groupe d’animaux, il existe déjà d’énormes différences, mais les différences
entre eux et nous sont encore plus grandes. Ces animaux ne peuvent prédire
que très médiocrement ce qui peut se passer à l’intérieur du corps humain.
Par exemple, dans le cas de la maladie de Parkinson, oui ils utilisent des
singes. Mais ils utilisent également des rats pour essayer de reproduire les
symptômes via lesquels ils détruiront chimiquement une partie du cerveau.
Ils essaient donc d’introduire les symptômes de cette maladie chez le rat,
mais ils ne peuvent jamais obtenir exactement les mêmes symptômes que chez
l’humain car, dans des circonstances normales, les rats n’attrapent pas
cette maladie. Leurs maladies ne sont pas nos maladies donc ce qu’ils
attrapent est un quasi-Parkinson et on leur donne ensuite un médicament pour
essayer de soigner cette maladie, mais on n’apprend absolument rien.

Abolitionist : Pouvez-vous nous dire comment ils testent le SIDA sur des
primates en Afrique du Sud ?

Colleen McDuling : Oui, ils utilisent des primates en Afrique du Sud pour le
HIV/SIDA, mais, sachant que les primates n’attrapent pas le HIV/SIDA, ces
recherches sont inutiles également parce que ces animaux sont apparemment
immunisés contre cette maladie qui est spécifique aux humains. C’est pour
cela qu’elle s’appelle le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Abolitionist : Quelle est l’ampleur de la vivisection aujourd’hui en Afrique
du Sud ?

Colleen McDuling : Elle est importante. Elle est très pratiquée, surtout
dans les institutions académiques où des articles sont régulièrement écrits
en s’appuyant sur des travaux réalisés plus particulièrement sur des
rongeurs. Des primates sont également utilisés. Le nombre de chats et de
chiens utilisé est moins important qu’au Royaume-Uni, mais les animaux les
plus couramment utilisés dans les laboratoires sont les rats, les souris,
les cochons d’Inde, les hamsters et les lapins.

Abolitionist : Comment imaginez-la fin de la vivisection ? Il n’existe
aucune législation au monde qui garantisse aux animaux dits « de laboratoire
» des droits ou une quelconque protection. En fait, c’est probablement
l’inverse qui existe, vu la protection dont bénéficient les chercheurs et
l’apathie du public.

Colleen McDuling : Nous devons alerter le grand public sur ce qui se passe
vraiment. L’éducation est très importante. Je crois personnellement en une
tactique alarmiste qui dévoilerait davantage au grand public tous les
détails morbides. C’est à mon avis le seul moyen de l’informer de la réalité
dans les laboratoires. Mais cela ne pourra se faire qu’au moyen d’enquêtes
clandestines et celles-ci sont très délicates à organiser. En fait, il faut
être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Nous avons besoin
d’informations sur ce qui se passe directement dans les laboratoires. Mais
les personnes capables de réaliser ce genre d’enquête sont plutôt rares.

Abolitionist : Cela vous met-il mal à l’aise d’utiliser vous-même deux
argumentations différentes ?

Colleen McDuling : Étant à la fois scientifique et comportementaliste
animalière, je peux aussi bien argumenter sur les deux fronts. Parce que, en
tant que comportementaliste animalière, je suis réellement entrée dans le
psychisme de ces animaux. J’ai appris à mieux les connaître en tant
qu’entités vivantes, en tant qu’êtres vivants, et j’ai pu les voir comme des
êtres sensibles.

En tant que scientifique, j’ai pu constater l’absurdité d’utiliser ces
animaux pour la recherche scientifique. Je pense que l’on doit réellement
adopter une double approche. Jusqu’à maintenant, c’est l’argument moral qui
a été essentiellement utilisé. L’argument scientifique commence à pointer le
bout de son nez, mais il doit être désormais davantage exposé. Nous devons
informer le grand public sur le fait que ces animaux ne sont pas juste
d’adorables petits chiots ou d’adorables petits lapins. Mais qu’ils sont en
réalité des animaux totalement sensibles et conscients et que faire des
expériences sur eux en tant que système biologique ne peut en rien
renseigner sur les pathologies humaines.
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