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 Lac Tchad réserve naturelle en voie de disparition?

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Arkana
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MessageSujet: Lac Tchad réserve naturelle en voie de disparition?   Mar 23 Aoû - 17:21

http://www.rfi.fr/actufr/articles/068/article_38103.asp

Lac Tchad réserve naturelle en voie de disparition ?

Le Lac Tchad s'évapore progressivement. Depuis 40 ans, il s'est déjà
divisé par cinq. La croissance démographique, le développement des activités agropastorales et la désertification ont entraîné une dégradation préoccupante de la faune et la flore.


De notre envoyée spéciale au Lac Tchad

«Regardez, là, il apparaît. Il ne faut pas trop s'approcher car il a grièvement blessé un enfant la semaine dernière», Abdallah Younous, chef de l'inspection forestière à Bol, préfecture du lac Tchad, désigne un
hippopotame qui affleure à une cinquantaine de mètres de la rive. Les paysans s'attroupent. Les deux pêcheurs ramant sur leur pirogue à proximité ne semblent pas s'émouvoir de cette brusque apparition. Ils savent se tenir à bonne distance du mammifère qui «n'est agressif que si on l'attaque», assure un villageois.

L'hippopotame fait partie des espèces partiellement protégées depuis la
loi sur la faune de 1963. Selon les estimations du ministère de
l'Environnement, un tiers des hippopotames a disparu depuis «les Evénements» (nldr: la guerre civile des années 80 au Tchad). Dans le bassin du lac Tchad, de nombreux dangers guettent les espèces protégées telles que l'hippopotame, le caïman ou la loutre. Si l'on exclut le braconnage, qui s'est aggravé avec la circulation des armes à feu depuis 20 ans, l'assèchement du lac constitue un autre souci majeur pour la préservation de la faune et de la flore.

Des conséquences sur l'écosystème

Depuis quarante ans, le lac est en effet passé d'une surface de 25.000 à 5000 km2. En cause, la diminution de la pluviosité accentuée par de graves sécheresses dans les années 80. D'après certaines prévisions
climatiques de la NASA, au rythme actuel, le lac pourrait disparaître d'ici une vingtaine d'années. Ce scénario, considéré par beaucoup comme «catastrophiste» est en tout cas exemplaire d'une situation de plus en plus préoccupante qui a des conséquences sur l'écosystème.

La désertification a contraint de nombreux éleveurs, venus notamment du Nigeria, à migrer vers la région du lac et à s'adonner aux activités agro-pastorales. La densification des cultures de décrue provoque des conflits de plus en plus fréquents avec les espèces protégées en question.
«Ils détruisent toutes nos semences», gémit un habitant du village situé à une vingtaine de mètres de la rive. «C'est vous qui êtes venus envahir son environnement», lui réplique le chef de l'inspection forestière sans trop y croire. «Ils disent cela pour encourager l'abattage des hippopotames, soupire-t-il. Cela leur fait de la viande et ils peuvent continuer à cultiver tranquillement».


Des cultures qui ne font qu'accentuer la réduction du lac, car les besoins en irrigation sont de plus en plus pressants à mesure que les surfaces cultivées s'étendent. Autre conséquence, la disparition de nombreuses espèces de poisson. «L'activité de 80% de la population du lac tourne autour de la pêche», explique Maïdé Galmaye Sahanaye, directeur des pêches N'djaména. Or, un nombre croissant de pêcheurs utilise des filets prohibés.
Les petites mailles retiennent des carpillons d'à peine deux centimètres qui auraient pu grandir !»

Pour toutes ces raisons, la Commission du Bassin du lac Tchad, créée en 1964 et qui regroupe les Etats riverains (Tchad, Niger, Nigéria, Cameroun et désormais RCA), étudie actuellement un projet de transfert des eaux du bassin du Congo (Oubangui-Chari) vers le bassin du lac Tchad. Soit un transfert sur 1 350 km de long ! Un projet considérable dont il faut au préalable évaluer les conséquences. Quels seront les effets sur la biodiversité : comment réagiront les nouvelles espèces de poisson? Ne doit-on pas craindre un drainage des sols qui entraînerait une sédimentation excessive dans le fond du lac ? Enfin, il faut s'assurer que le tracé ne détruira pas des sites protégés, ni n'entamera la stabilité des sols.

Stéphanie Braquehais
Article publié le 21/08/2005
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